Introduction

            Au terme des trois sessions des estaminets du climat tenus dans le quartier Moulins, des propositions collectives ont émergé grâce au travail de réflexion de deux groupes distincts. Celles-ci ont pour objectif principal d’être restituées aux élus du conseil municipal de quartier et de la Ville de Lille en vue de leur insertion au Plan Climat Energie Territoriale de la Ville mais aussi et surtout d’être concrétisées selon un calendrier qu’il conviendra de définir. Il faut enfin souligner que ces propositions collectives viennent compléter les initiatives individuelles prises par chacun des participants lors des estaminets (gestes éco-responsables quotidiens) en plus de leur engagement à sensibiliser leur entourage (proches, voisins, collègues…) aux problématiques induites par le réchauffement climatique.

            Aussi, ces dites propositions ont été bâties selon le schéma suivant :

– Ce qu’il serait souhaitable pour le quartier au regard des enjeux présents et à venir
– L’implication nécessaire de la Ville pour y parvenir
– Ce que nous, habitants, pouvons apporter dans ces projets   

Moulins sans pétrole

            Le second groupe de réflexion a émergé autour de la place du deux-roues au sein du quartier Moulins. Considérant en effet que la place faite aux voitures était prépondérante et que, à contrario, le vélo était sous utilisé dans le quartier ; les participants ont élaboré une stratégie susceptible si ce n’est d’inverser la tendance, tout du moins de tendre vers une vulgarisation toujours plus importante de la pratique cycliste à Moulins.

La question du réchauffement climatique a donc été articulée autour de la thématique du cadre de vie (« Bien vivre à Moulins »).

1)    Bilan mobilité

            Dans une dynamique de prise en compte des paramètres du quartier, et afin d’élaborer un plan d’action adéquat le groupe de réflexion souhaiterait solliciter la Ville de Lille pour l’établissement d’un bilan mobilité.

Ce bilan aurait donc pour vocation d’inventorier les flux entrants et sortants des cyclistes (« de où viennent-ils ? / où vont-ils ? »), de répertorier les arceaux et parkings à vélo disponibles ainsi que les pistes cyclables crées, en cours ou en projet.

En croisant ces données, il sera alors possible de définir des actions réfléchies allant dans le sens de besoins prioritaires (par exemple, nous constatons qu’un grand nombre de cycliste se rend d’un point A à un point B sans pouvoir profiter d’aménagements cyclables. Il serait donc utile et légitime d’en créer un).

2)    Actions de sensibilisation

            Convaincus que la pratique cycliste se vulgarise vertueusement par le biais du mimétisme (plus il y a de cyclistes et plus la pratique se répand) – ce que nous pouvons aussi constater depuis l’arrivée du V’Lille – les membres du groupe souhaiteraient aller encore plus loin en initiant des actions de sensibilisation.

            Si nous savons que la pratique du vélo est tributaire des aménagements publics et des services proposés (outils internet proposant des itinéraires à vélo, à l’image des divers sites dédiés aux véhicules), elle l’est tout autant d’un point de vue culturel. Sans entrer dans les détails, nous savons que les diverses politiques initiées à partir des années 60 ont fait la part belle à la voiture comme objet d’émancipation et de confort notamment. A tel point que la pratique cycliste a été délaissée.

            Aujourd’hui, et au vu des problématiques liées au réchauffement climatique mais aussi grâce aux nouvelles dynamiques qui se dessinent, notre idée est de contribuer à l’inversement de la tendance des dernières décennies pour revenir progressivement à une pratique du vélo toujours plus importante.

            En nous appuyant donc sur les initiatives prises par la Ville de Lille (multiplication des pistes cyclables et des arceaux/parkings vélos mis à disposition ainsi que des V’Lille) et sur les données rendues accessibles grâce au projet de « Bilan mobilité » esquissé préalablement, nous nous proposons de mettre en place des actions de sensibilisations s’appuyant sur les points suivants :

– Mettre en avant les possibilités d’achat / vente de vélos (magasins, associations, structures d’insertion proposant la réparation des deux-roues)

– Mise en place d’un code de la rue afin de sensibiliser tous les utilisateurs (automobilistes, piétons, cyclistes, deux-roues motorisés) au partage de l’espace public (réflexes à prendre en termes de sécurité notamment)

– Informer sur le droit des cyclistes (possibilité de rouler à contre-sens dans les rues à sens unique en zone 30 par exemple)

– Démarcher les responsables de magasins, entreprises, universités etc. pour la mise en place de locaux collectifs pour les stationnements vélos (en plus des arguments écologiques et pratiques, la Ville de Lille peut participer financièrement à la création d’un local etc.)

– Proposer des journées sans voitures – à l’image de la Grand-Place – afin de « tordre le cou » à certaines croyances ataviques (« il m’est impossible de me déplacer sans voiture », « les conditions climatiques sont peu propices au vélo », « le vélo me fait perdre du temps » etc.)

3)    Accélérer le processus de transformation de l’espace moulinois

            Si le but principal de notre projet est d’inverser la tendance au profit d’une utilisation toujours plus importante du vélo, il nous semble indispensable de créer une demande toujours plus affirmée afin de légitimer les processus d’aménagements initiés par la Ville. C’est aussi la raison pour laquelle nos deux points précédents sont interdépendants : plus la pratique du vélo est facilitée (aménagement, offre), plus les usagers sont nombreux. Et plus les usagers sont nombreux, plus la demande d’aménagements est importante.

Aussi, en nous appuyant sur les actions de la Ville et en multipliant les actions de sensibilisation, nous croyons possible de créer un « terreau » fertile allant dans ce sens.

De fait, plus il y aura de cyclistes et plus les démarches individuelles et/ou collectives se multiplieront pour déboucher par exemple sur :

– Création d’associations de type « automobile club » dédié au vélo ?
– Création de collectifs « Moulinois sans voiture » qui pourraient faire « remonter » les aspirations des habitants auprès des conseils de quartier ?
– Multiplication des zones 30 ?
– Mise en place d’un péage urbain ?
– Toutes actions auxquelles nous n’avons pas pensé mais qui s’appuieraient sur la créativité des nombreux représentants de la société civile, des associations, des habitants, des collectifs d’artistes etc. 

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